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Santé

Fibromes : définition, cause, symptômes, traitement

Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes qui se développent dans ou sur l’utérus. Dans la pratique, ils sont très fréquents, parfois silencieux, et peuvent aussi provoquer des règles très abondantes, des douleurs pelviennes ou une sensation de pression dans le bas-ventre. Si tu es dans cette situation, l’enjeu est surtout de savoir reconnaître les symptômes, comprendre les options de diagnostic et choisir le traitement adapté à ton âge, à tes projets de grossesse et à la gêne réelle que cela provoque.

L’essentiel a retenir : Les fibromes utérins sont le plus souvent bénins, mais ils peuvent devenir gênants selon leur taille et leur emplacement.

  • Ils peuvent être totalement silencieux ou provoquer des saignements abondants.
  • Le type de fibrome influence les symptômes et le traitement.
  • Le diagnostic repose surtout sur l’examen pelvien et l’imagerie.
  • Les traitements vont de la surveillance à la chirurgie.
  • La grossesse et les projets de fertilité changent la stratégie de prise en charge.
  • Un fibrome qui grossit ou saigne beaucoup mérite un avis gynécologique.

Types

Différents fibromes se développent dans différents sites de l’utérus. Ce point est important, parce que l’emplacement change souvent tout : les symptômes, le retentissement sur les règles, la fertilité et la façon de traiter.

Fibromes intramuraux

Ce type de fibrome apparaît dans la paroi de l’utérus (l’endomètre). Les fibromes intramuraux peuvent grossir considérablement et étendre l’utérus. Selon le bureau des services de la santé féminine des États-Unis (U.S. Health and Human Services Office on Women’s Health), il s’agit du type de fibromes le plus courant et ils sont présents chez environ 70 % des femmes en âge de procréer (HHS, 2008).

Concrètement, ce sont souvent ceux qui donnent une sensation de ventre “gonflé”, des règles plus longues et parfois des douleurs de type pesanteur. Ils peuvent aussi passer longtemps inaperçus si leur taille reste modérée.

Fibromes sous-séreux

Les fibromes sous-séreux se forment à l’extérieur de l’utérus, sur la séreuse. Ils peuvent être suffisamment larges pour que votre utérus semble plus gros d’un côté.

Dans les faits, ils provoquent plus volontiers une gêne mécanique qu’un problème de saignement. Si tu sens une pression dans le bas du ventre, un besoin d’uriner plus souvent ou une gêne en position assise, ce type de fibrome peut être en cause.

Fibromes pédiculés

Lorsque les tumeurs sous-séreuses développent une tige (une base mince qui supporte la tumeur), elles deviennent des fibromes pédiculés.

Ce détail anatomique compte, car la tige peut parfois se tordre. Quand cela arrive, la douleur peut être plus brutale et plus marquée, ce qui justifie une consultation rapide.

Fibromes sous-muqueux

Ce type de tumeur se développe dans la paroi interne (myomètre) de l’utérus. Les tumeurs sous-muqueuses ne sont pas aussi courantes que les autres types mais lorsqu’elles se développent, elles peuvent provoquer des saignements menstruels très importants et des problèmes à concevoir.

Si tu as des règles très abondantes, des caillots, ou une difficulté à tomber enceinte, ce sont souvent les fibromes sous-muqueux que le gynécologue cherche en priorité.

Causes

On ne sait pas clairement pourquoi les fibromes se développent, mais plusieurs facteurs peuvent influencer leur formation. En pratique, il ne s’agit pas d’une “faute” de ta part : on parle plutôt d’un terrain hormonal et génétique qui favorise leur apparition.

Facteurs hormonaux

L’œstrogène et la progestérone sont les hormones produites par les ovaires. Elles permettent à la paroi utérine de se régénérer durant chaque cycle menstruel et peuvent parfois stimuler la croissance de fibromes.

C’est pour cela que les fibromes sont souvent plus actifs pendant les années de fertilité, peuvent augmenter pendant la grossesse et rétrécir après la ménopause. Ce que cela change pour toi : le contexte hormonal influence directement l’évolution des symptômes.

Antécédents familiaux

Les fibromes ont tendance à être de famille. Si votre mère, votre sœur ou votre grand-mère a des antécédents de cette pathologie, il est possible que vous la développiez aussi.

Si tu as plusieurs femmes de ta famille concernées, il faut être plus attentive aux signes précoces. Dans la pratique, cela ne veut pas dire que tu en auras forcément, mais le risque est plus élevé.

Grossesse

La grossesse augmente la production d’œstrogène et de progestérone dans le corps. Les fibromes peuvent se développer et croître rapidement pendant que vous êtes enceinte.

Ce point mérite un suivi médical, surtout si tu as déjà des fibromes connus et que tu envisages une grossesse. La plupart du temps, cela ne pose pas de problème majeur, mais une surveillance est recommandée.

Risques

Les femmes sont exposées à un risque plus élevé de développer des fibromes si elles présentent un ou plusieurs des facteurs de risque suivants :

  • grossesse ;
  • antécédents familiaux de fibromes ;
  • âge supérieur à 30 ans ;
  • origine afro américaine ;
  • poids corporel important.

Dans les faits, ces facteurs n’ont pas tous le même poids. L’âge, les antécédents familiaux et certains profils hormonaux comptent beaucoup, mais le risque reste individuel. Si tu coches plusieurs cases, il est utile de ne pas banaliser des règles très abondantes ou une douleur pelvienne persistante.

Symptômes

Vos symptômes dépendront de l’endroit et de la taille de la/des tumeur(s) et du nombre de celles-ci. Si votre tumeur est très petite, ou si vous êtes en ménopause, il est possible que vous n’ayez aucun symptôme. Les fibromes peuvent rétrécir durant la ménopause et après.

Autrement dit, l’absence de symptômes n’exclut pas un fibrome. À l’inverse, des symptômes marqués ne veulent pas forcément dire que le fibrome est “grave” : tout dépend de sa localisation et de son impact réel.

Autres symptômes possibles des fibromes :

  • saignements importants entre ou pendant les règles avec des caillots de sang ;
  • douleur au bassin et/ou au bas du dos ;
  • augmentation des crampes menstruelles ;
  • augmentation de la fréquence des mictions ;
  • douleur durant les rapports sexuels ;
  • règles qui durent plus longtemps que d’habitude ;
  • pression ou sensation de plénitude au bas du ventre ;
  • gonflement ou élargissement de l’abdomen.

Si tu te reconnais dans plusieurs de ces signes, le plus utile est de noter leur fréquence, leur intensité et leur lien avec le cycle. Concrètement, ces informations aident beaucoup le gynécologue à distinguer un fibrome d’autres causes de saignements ou de douleurs, comme l’endométriose, des polypes ou certains troubles hormonaux.

Diagnostic

Vous devrez voir un gynécologue qui pratiquera un examen pelvien. Cet examen est utilisé pour vérifier l’état, la taille et la forme de l’utérus. D’autres tests risquent d’être nécessaires :

Dans la majorité des cas, le diagnostic est assez simple si l’on associe les symptômes, l’examen clinique et l’imagerie. L’objectif n’est pas seulement de dire “il y a un fibrome”, mais de mesurer sa taille, son emplacement et son retentissement.

Échographie

L’échographie utilise des ondes sonores à haute fréquence pour produire des images de l’utérus sur un écran. Cela permet au médecin de voir les structures internes et la présence de tous fibromes. Une échographie endovaginale, par laquelle une sonde est insérée dans le vagin, peut fournir des images plus claires étant donné qu’elle est plus proche de l’utérus.

En pratique, c’est souvent l’examen de première intention. Si les symptômes sont importants ou si l’image est difficile à interpréter, l’échographie endovaginale apporte généralement plus de précision.

IRM pelvienne

Ce test d’imagerie en profondeur produit des images de l’utérus, des ovaires et d’autres organes pelviens.

On la demande surtout quand il faut cartographier précisément plusieurs fibromes, préparer une intervention ou clarifier un doute après l’échographie. Ce que cela implique : l’IRM sert à mieux planifier le traitement, pas seulement à confirmer la présence d’un fibrome.

Traitement

Votre médecin mettra au point un plan de traitement basé sur votre âge, la taille de votre/vos fibrome(s) et sur votre santé globale. Vous pourrez recevoir une association de traitements.

Le bon traitement dépend aussi de tes symptômes et de ton projet de grossesse. Si tu es peu gênée, la surveillance suffit parfois. Si tu saignes beaucoup ou si la douleur perturbe ton quotidien, il faut aller plus loin.

Traitements médicamenteux

Des médicaments pour réguler vos taux d’hormones peuvent être prescrits de façon à rétrécir les fibromes. Les inhibiteurs de la gonadotrophine (GnRH), tels que leuprolide (Lupron), vont faire baisser vos taux d’œstrogène et de progestérone, ce qui interrompra vos règles et fera rétrécir les fibromes.

Les professionnels observent généralement que ces traitements sont utiles pour préparer une chirurgie ou calmer temporairement les symptômes. En revanche, ils ne règlent pas toujours le problème à long terme, surtout si les fibromes sont volumineux.

Un stérilet qui libère de l’hormone progestative, les anti-inflammatoires en vente libre, tels que l’ibuprofène, et les pilules contraceptives peuvent aider à contrôler les saignements et la douleur provoqués par les fibromes, mais ne peuvent pas les faire rétrécir ni les éliminer.

Concrètement, cela veut dire qu’on traite souvent les symptômes avant tout. Si ton objectif est de diminuer les règles abondantes, ces solutions peuvent être utiles. Si ton objectif est de faire disparaître un fibrome, elles ne suffisent pas.

Chirurgie

Une opération pour retirer les tumeurs très grosses ou multiples (myomectomie) peut être pratiquée. Une myomectomie abdominale implique une large incision dans l’abdomen pour accéder à l’utérus et retirer les fibromes. L’opération peut être également effectuée par laparoscopie, au moyen de quelques petites incisions par lesquelles les outils chirurgicaux et une caméra sont insérés.

La myomectomie est souvent privilégiée si tu veux préserver ta fertilité. En pratique, la voie chirurgicale dépend de la taille, du nombre et de la position des fibromes.

Votre médecin pourra pratiquer une hystérectomie (retrait de l’utérus) si votre état s’aggrave, ou si aucun autre traitement ne fonctionne. Toutefois, cela signifie que vous ne pourrez plus avoir d’enfants à l’avenir.

C’est une option radicale, réservée à certaines situations. Elle peut être pertinente quand les symptômes sont très invalidants, que les autres traitements ont échoué ou qu’aucun projet de grossesse n’est souhaité.

Procédures à effraction minimale

Une intervention chirurgicale nouvelle et à effraction minimale est le traitement par ultrasons focalisés. Vous serez allongée à l’intérieur d’une machine à IRM spéciale permettant de visualiser l’intérieur de votre utérus. Des ondes sonores de haute fréquence, à haute énergie sont dirigées vers les fibromes pour les détruire.

Dans la pratique, cette approche vise à traiter sans ouvrir largement l’abdomen. Elle peut convenir dans certains cas bien sélectionnés, mais elle n’est pas adaptée à tous les types de fibromes.

De même, la myolyse fait rétrécir les fibromes au moyen d’un courant électrique ou d’un laser, tandis que la cryomyolyse gèle les fibromes. L’ablation de l’endomètre implique l’insertion d’un instrument spécial dans l’utérus pour détruire la paroi utérine au moyen de la chaleur, d’un courant électrique, d’eau chaude ou de micro-ondes.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ces techniques peuvent réduire les symptômes, mais elles ne se valent pas toutes pour préserver la fertilité. Si tu envisages une grossesse, il faut absolument en parler avant de choisir une procédure.

Pronostic

Votre pronostic dépendra de la taille et de l’endroit où se trouvent vos fibromes. S’ils sont petits ou qu’ils ne produisent pas de symptômes, les fibromes n’ont pas forcément besoin de traitement. Si vous êtes enceinte et que vous avez des fibromes, ou si vous tombez enceinte et que vous avez des fibromes, votre médecin surveillera soigneusement votre état. Dans la plupart des cas, les fibromes ne posent pas de problème durant la grossesse. Prévenez votre médecin si prévoyez d’être enceinte et que vous avez des fibromes.

Dans les faits, le pronostic est souvent rassurant. Le vrai sujet n’est pas seulement “avoir un fibrome”, mais savoir s’il gêne, s’il saigne, s’il grossit et s’il interfère avec un projet de grossesse. Si tu es suivie régulièrement, la prise en charge est généralement efficace.

Erreurs fréquentes à éviter

Quand on parle de fibromes, on voit souvent les mêmes pièges revenir. Les éviter permet de gagner du temps et d’éviter une aggravation inutile des symptômes.

  • Attendre trop longtemps en pensant que des règles très abondantes sont “normales”.
  • Confondre fibrome et simple déséquilibre hormonal sans bilan médical.
  • Prendre uniquement des antidouleurs sans chercher la cause des symptômes.
  • Oublier de signaler un projet de grossesse avant de choisir un traitement.
  • Minimiser une augmentation rapide du volume abdominal ou des douleurs pelviennes.

Si tu rencontres ce problème, le bon réflexe est simple : consulter, documenter tes symptômes et demander quel examen est le plus pertinent dans ton cas.

Quand consulter rapidement ?

Il est recommandé de consulter sans tarder si tes saignements deviennent très abondants, si tu as des douleurs importantes, si tu te sens fatiguée au point de suspecter une anémie, ou si ton ventre augmente vite de volume. De même, si tu essaies de concevoir sans succès et que tu as des symptômes évocateurs, il faut en parler au gynécologue.

Concrètement, plus le diagnostic est posé tôt, plus les options sont simples à discuter. Cela permet souvent d’éviter une prise en charge trop lourde.

FAQ

Les fibromes sont-ils cancéreux ?

Non, les fibromes sont généralement bénins. Cela signifie qu’ils ne sont pas cancéreux dans l’immense majorité des cas. En revanche, ils peuvent être très gênants selon leur taille et leur emplacement.

Peut-on avoir un fibrome sans aucun symptôme ?

Oui, c’est fréquent. Beaucoup de fibromes sont découverts par hasard lors d’un examen ou d’une échographie. Si tu n’as aucun symptôme, une simple surveillance peut suffire selon l’avis du médecin.

Les fibromes disparaissent-ils à la ménopause ?

Ils peuvent rétrécir à la ménopause. La baisse des hormones féminines réduit souvent leur stimulation. Cela ne veut pas dire qu’ils disparaissent toujours complètement, mais les symptômes s’atténuent souvent.

Les fibromes peuvent-ils empêcher de tomber enceinte ?

Oui, certains fibromes peuvent compliquer la conception. C’est surtout le cas des fibromes sous-muqueux, qui modifient la cavité utérine. Beaucoup de femmes avec des fibromes tombent toutefois enceintes sans difficulté.

Quel examen permet de détecter un fibrome ?

L’échographie est l’examen le plus utilisé pour détecter un fibrome. Elle permet de voir l’utérus et de repérer les masses. Une IRM peut être demandée si l’on a besoin d’une cartographie plus précise.

Faut-il toujours opérer un fibrome ?

Non, une opération n’est pas systématique. Si le fibrome est petit et peu symptomatique, on peut simplement le surveiller. La chirurgie est surtout envisagée quand les symptômes sont importants, quand le fibrome est volumineux ou quand il gêne la fertilité.


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